Mathilde Monnier partie diriger le Centre national de la danse de Pantin en décembre, le CCN de Montpellier attend depuis des mois une nouvelle direction. Sans surprise, ce sera Christian Rizzo qui assurera cette fonction à partir du 1er janvier 2015.

Formé aux arts plastiques à la Villa d’Arson, Christain Rizzo a d’abord embrassé le rock. Il raconte aisément qu’il rêvait de devenir David Bowie et pas Barychnikov. Fasciné par la scène punk, il trouve sa voie de représentation suite à un concert masqué des Residents qui mêlent sans hésiter concert et rituel. Ses spectacles, aujourd’hui comme hier, sont conçus comme des concept-albums. Christian Rizzo est également styliste ce dont porte trace sa pièce pour chemises et ventilateurs, 100% polyester.

Lui qui suggère que l’amour pourrait être la réponse à la question permanente posée par la présence de l’autre, écrit Mon Amour, une composition à l’écriture ciselée pour l’Opéra de Lille. Il demeure infiniment plasticien, comme le démontre l’exposition-expérience Le sort probable de l’homme qui avait avalé le fantôme, réalisée pour le Nouveau Festival en 2009.
Libre des questions que pose la danse contemporaine pure, parfois figée dans la fidélité au patrimoine historique ou à l’héritage 80’s, il fait flirter la danse avec l’installation ou le tableau vivant sans se soucier de s’ancrer dans un medium unique. Sa pièce Skull Kult appartient tout autant aux danseurs qu’aux étudiants des Beaux-Arts.

Interprète pour de nombreux chorégraphes dans les années 90 – dont Mathilde Monnier pour qui il crée Face Nord et Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt – il poursuit avec eux ses activités de scénographe, imagine des costumes et compose des bandes-son. Très naturellement, il se retrouve à mettre en scène des opéras : Erwartung et Pierrot lunaire de Schönberg, La Voix humaine de Poulenc.

Gageons que le chorégraphe de l’Association Fragile – un nom qui sonne comme un manifeste de résistance – ne perdra pas de vue les tissages nécessaires entre les différentes pratiques artistiques contemporaines. Décidé à faire du CCN un acteur du numérique, il continuera le travail d’accompagnement et d’innovation auprès des jeunes artistes, engagé par Mathilde Monnier. Appuyé à son « Académie expérimentale», celui qui ne se satisfait pas des choses en l’état et aime à les agencer, devrait rapidement trouver sa place au sein des institutions montpelliéraines.


Photo : René Lavergne