19 mai, Théâtre de l’Olivier à Istres.
21 mai, Théâtre couvert de Châteauvallon. 

Une expérience rare, une vitalité partagée : So Blue, première pièce signée par Louise Lecavalier apparaît comme un écho amplifié de sa créatrice. Intense et toute en modestie, cet élan est aussi l’incarnation de cette vérité indépassable de la danse : le corps des danseurs est son seul véritable lieu de conservation.

Et le corps n’est justement pas un lieu déterminé mais un paysage mouvant, périssable. Le corps peut être blessé, le corps sert bien d’autre cause que celle de la danse. Habillée en danseuse – jogging et T-shirt – Louise Lecavalier commence par arpenter le plateau. Pas latéraux qui glissent, pris par l’effet optique de la rapidité. La danse est un flux de mouvement qui ne se prend pas au piège de la seule rapidité, malgré la partition électronique du DJ turc Mercan Dede.

Title : SoBlueDancer Louise : LecavalierChoreograper : Louise Lecavalier
Title : SoBlue Dancer Louise : Lecavalier Choreograper : Louise Lecavalier
Louise_Lecavalier_So_Blue_(c)_Andre_Cornellier_2

 

Danseuse invraisemblable de maîtrise et de présence, ancienne égérie rock de Lalala Human Steps, du temps où la compagnie d’Edouard Lock faisait trembler les scènes internationales, jamais Louise Lecavalier ne se prend au piège d’une quelconque virtuosité technique. Sa danse est échange, rencontre, temps présent. Ainsi est accueilli Frédéric Tavernini qui dépose ses mouvements aux creux des espaces écrits par la chorégraphe tout autant les siens qu’il dessine les siens.

Louise Lecavalier fouille son corps pour trouver la danse. Au plus près des muscles, des tendons, des os mais aussi du souffle. Déesse d’air et de pierre, elle offre de la danse pure et ébranle le spectateur en titillant la mémoire du mouvement archaïque et fondateur.
L’humilité entraîne le travail, la foi l’inspiration ; la sorcière bleue vous instille la danse, goutte à goutte.

 

Photos : André Cornelier