On l’attendait, la voici : la première saison conçue par Benjamin Millepied pour le Ballet de l’Opéra de Paris pour 2015-2016 est à son image : jeune, créative, tournée vers la technique classique, et très américaine.

Américaine dans sa forme avec une majorité de soirées « triple bill » (plusieurs  ballets courts), ce que Benjamin Millepied a si longtemps pratiqué en tant que danseur au New York City Ballet. La jeunesse, on la voit aussi dans le nombre de chorégraphes vivants à l’affiche, qu’il s’agisse des britanniques Christopher Wheeldon, Liam Scarlett  et Wayne McGregor, des Américains William Forsythe et Justin Peck, du Russe Ratmansky qui fait aujourd’hui carrière aux Etats-Unis, utilisant tous la technique classique.

Créative aussi, puisqu’il y aura pas moins de 6 créations mondiales (une pièce de Millepied, de Jérome Bel, de Mc Gregor, de Justin Peck, de Forsythe ainsi qu’un nouveau Casse-Noisette qui associe 5 chorégraphes… ) sans oublier 12 entrées au répertoire, dont plusieurs œuvres de Robbins et Balanchine, un grand programme Anne Teresa de Keersmaecker dont la compagnie est aussi invitée (à Beaubourg), une œuvre de Maguy Marin, ainsi qu’une grande série Forsythe, chorégraphe désormais en résidence, puisqu’il créera un ballet par an, et surtout, il dirigera pendant quatre semaines chaque année, des danseurs motivés par la Chorégraphie, dans une « Académie  chorégraphique» à l’image de ce que Peter Martins a mis en place au New York City Ballet.

Outre quatre grands ballets classiques (La Bayadère et Roméo et Juliette de Noureev, Giselle, et  Le Corsaire amené par l’English National ballet), on fera un grand écart vers la non-dance avec une création très attendue de Jérome Bel, qui avait monté à  l’Opéra en 2004 un passionnant solo autour du quotidien d’une danseuse,  Véronique Doisneau. Enfin, des configurations nouvelles sont proposées, comme ce Casse-Noisette couplé à l’opéra Iolanta et chorégraphié par une sacrée dream team (Cherkaoui, Lock, Millepied, Pita, Liam Scarlett) ou telle cette soirée de solos que Boris Charmatz proposera à la rentrée dans l’ensemble des lieux publics de l’Opéra Garnier.  Et puisqu’on est à l’heure du numérique, une nouvelle plate-forme sur le site Internet de l’Opéra, 3ème Scène,  permettra de découvrir des courts-métrages, clips et reportages avec des interventions croisées d’artistes de tous horizons…

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Crédit photo : Charles Duprat