Les événements « jeune public » vont-ils fleurir et surfer sur la vague de La Belle Saison ? Le Festival Nijinskid de l’Onyx-La Carrière à Saint-Herblain a été un signe annonciateur de la tendance en faveur du jeune public, et offre aujourd’hui sa troisième édition. En décembre, Fleur Pellerin annonçait suite à sa Belle Saison dédiée à l’enfance et à la jeunesse un ensemble de vingt-trois propositions en faveur du jeune public, à la fois pour accompagner les enfants vers le spectacle vivant, mais aussi les établissements, les professionnels, les institutions, dans une volonté de reconnaissance de ce secteur comme « domaine de production à part entière ». Pour autant, faut-il considérer la « production jeune public » comme une entité à part, en dehors de ses champs artistiques que peuvent être le théâtre, la danse, la musique, la marionnette, le cirque… ? Ne souffre-t-elle pas davantage d’un manque de reconnaissance, qui lui fait prendre une place à part dans les programmations, comme un sous-genre du spectacle vivant ou le sous-produit de telle ou telle esthétique ? On ne peut pourtant nier les initiatives des lieux, qui affirment farouchement leur intérêt pour la création jeune public danse, tels l’Onyx à Saint-Herblain quand celui-ci concrétise aujourd’hui la troisième édition de son Festival Nijinskid, malgré la perte de son conventionnement danse avec l’Etat. C’est la même volonté pour le Gymnase à Roubaix avec le Festival Les Petits Pas, ou le Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse et son temps fort Nanodanses. Sont-ils les précurseurs d’une tendance que le Ministère souhaite mettre en lumière ? Ou ne sont-ils simplement que le reflet d’une vitalité artistique qui ne demandait qu’à se faire mieux voir ?

Des jeunes chorégraphes à soutenir et des artistes confirmés

Les choix artistiques du festival Nijinskid nous montrent une danse en porosité avec son environnement, qui se nourrit d’influences diverses, quand elle ne s’hybride pas avec d’autres arts comme le théâtre, la littérature, la marionnette… L’Onyx mise sur deux créations à découvrir au cœur d’une programmation plutôt éclectique : Lettre pour Elena est une collaboration entre le chorégraphe marseillais Christophe Garcia et l’auteure québécoise Erika Tremblaye-Roy, tandis que Nous est la rencontre artistique entre Stéphane Pauvret, sociologue, et Aurélie Marchand, vidéaste, autour de la question subversive du corps. Chez les partenaires de l’Onyx en région, on remarque notamment la présence de Nathalie Pernette avec Les Ombres Blanches. Une chorégraphe qui n’a jamais eu froid aux yeux lorsqu’il s’agit de s’adresser aux enfants, balayant d’un revers de manche toute mièvrerie et cultivant un sens du décalage souvent subversif… Denis Plassard, dont c’est la troisième saison à l’Onyx en tant qu’artiste associé, a imaginé spécialement un événement participatif sous le mode du « jeu dansé » : Fou l’bal est à expérimenter à partir de huit ans et en équipe, tel un match chorégraphique sous les commentaires de deux human beatboxers !

Festival Nijinskid, du 2 au 14 février 2016.

Tél. : 02 28 25 25 00
www.theatreonyx.fr

L’Onyx, Pôle Atlantis
1 place Océane – BP 30224
44815 Saint-Herblain cedex
billetterie.onyx@saint-herblain.fr

Photo : Pince-moi  je rêve par la Cie Ouragane, Philippe Blanc