Ce temps fort des 24 et 25 septembre s’annonce comme une traversée dans le temps de la danse, qui prend ici toute son épaisseur avec la présence du dernier projet de Fabrice Dugied.

Ce sont les trois compères Pascale Houbin, Daniel Larrieu, et Dominique Boivin qui ouvrent avec légèreté le rendez-vous d’automne du Festival 2016 de Royaumont. Comme un pied de nez, ils convient dans ce haut lieu de la musique savante des tubes de la chanson française – cet « art mineur », comme disait Serge Gainsbourg – qui ont inspiré leur spectacle créé en 2011. En piste réalise la rencontre entre la parole et le geste. Même si l’on connaît l’attachement de Pascale Houbin pour la langue des signes, on dépasse vite ces automatismes pour arriver au raffinement de la chanson de geste chargé de l’histoire des interprètes. On se laisse porter par les paroles et les musiques qui bercent notre imaginaire collectif, mais, si l’on veut bien aller plus loin, on se laisse prendre au jeu des trois personnalités qui livrent un état de leurs trajectoires dans la danse, riches de plus de trente ans de chorégraphie.

La Collection Lise B. Photo : Agathe Poupeney

La Collection Lise B. Photo : Agathe Poupeney

Trajectoire est un mot juste si l’on cherche le dénominateur commun aux projets qui s’enchaînent pendant le week-end. On retiendra le parcours dans l’histoire de la danse réalisé par les étudiants du CNDC d’Angers qui, sous la houlette d’Hervé Robbe, se sont embarqués dans un « remix » de la célèbre œuvre de Béjart, Messe pour le temps présent. Ici, ils s’attèlent à la non moins célèbre séquence des jerks, qui fit fureur en 1967, là aussi dans un grand écart des plus savoureux entre culture savante et culture populaire. Les voilà propulsés sur le devant de la scène pour faire résonner, alors qu’ils représentent eux-mêmes le futur de la danse, la notion de patrimoine chorégraphique.

Fabrice Dugied alors qu'il dansait en 2015 La collection Lise B. Photo Agathe Poupeney

Fabrice Dugied alors qu’il dansait en 2015 La collection Lise B. Photo Agathe Poupeney

Plus encore que l’histoire, le patrimoine, ou la mémoire, la notion du temps prend un sens très particulier ici, avec la programmation de la dernière création de Fabrice Dugied et de l’exposition qui s’y rattache. Disparu brutalement au mois d’avril à quelques jours de la création d’un nouveau solo, le chorégraphe laisse sa Collection Lise B. orpheline. Alors que le spectacle puise lui-même dans le souvenir de sa mère, la journaliste Lise Brunel, c’est tout un pan de l’histoire qui reste suspendu à un temps arraché. Mais la proposition artistique subsiste et son flot d’histoires, d’anecdotes, de documents, de pépites, d’archives, de photos, est devenu, sous le regard du fils, matières à danser, et également sources d’une exposition exceptionnelle, à ne pas manquer.

Fidèle à sa démarche artistique, la Fondations Royaumont n’oublie pas le jeune public, et consacre aux enfants deux temps à vivre en famille : le (Par-)cours et jardin chorégraphique, cousu main par Nicolas Maurel pour les espace de Royaumont, et le Jardin d’idée, conçu par Mathilde Vrignaud aux frontières entre danse, performance, musique et métamorphose plastique.

Nathalie Yokel

 

Les 24 et 25 septembre 2016.

Tél : 01 30 85 58 00.

www.royaumont.com

 

Comment venir à Royaumont ?

30 km de Paris, c’est facile !

En train : Royaumont est à 5 km de la gare la plus proche, gare de Viarmes.

Prendre le train à Paris Gare du Nord Banlieue, Ligne H direction Luzarches, arrêt gare de Viarmes, prendre la navette.

Navettes : véhicule avec chauffeur, grand confort et signalé Fondation Royaumont

Les horaires des navettes ont été étudiés pour vous permettre de profiter de toutes les possibilités de l’abbaye.

Tarif : Gare de Viarmes – Royaumont : 2,50 €/pers.

Aller – retour 5 €/pers.