And the winner is… Shale Wagman ! A l’issue de la finale le 3 février au Théâtre Beaulieu, le Canadien de dix-sept ans l’a emporté devant les vingt autres finalistes du 46e Prix de Lausanne.

Choix logique de la part des neuf jurés, tant cet élève de l’Académie Princesse Grâce avait brillé, lors de sa prestation sur scène mais aussi dès le début de la semaine, suscitant autour de lui une rumeur flatteuse. Le grand atout du Prix fondé en 1972 par Philippe Brausnschweig, son épouse Elvire et la danseuse et chorégraphe Rosella Hightower est en effet de pouvoir suivre, six jours durant, l’évolution des candidats au cours des classes et répétitions organisées à leur intention. « C’est une compétition, mais qui ne se résume pas à deux minutes sur scène » estimait ainsi Ted Brandsen, directeur artistique du Het National Ballet et président du jury. « Au contraire, c’est un processus sur la durée où vous observez les candidats en répétition, en cours, en coaching. Vous voyez comment ils apprennent, progressent, vous les découvrez sous des angles différents. Il ne s’agit pas seulement pour eux de remporter un prix, mais de franchir une étape dans la construction de leur vie professionnelle. ».

En témoignait le traditionnel Networking Forum du dimanche matin, au cours duquel les non lauréats ont pu répondre aux nombreuses propositions de stages ou bourses  offertes par écoles partenaires. La liste de ces dernières s’est encore agrandie cette année, incluant désormais la Lianoning Ballet School en Chine, l’Oslo National Academy of Arts en Norvège et l’Ecole de danse de l’Opéra national de Paris. Sa directrice, Elisabeth Platel, a cédé aux sollicitations de la direction du Prix en obtenant l’assurance que le choix éventuel du candidat pour son établissement soit validé par une audition à l’Ecole après le Prix, afin que « ce partenariat se fasse dans le respect à la fois du projet de l’Opéra de Paris et de celui de l’Ecole de danse ».

Les innovations 2018

Au chapitre des nouveautés, il y avait le Projet Chorégraphique porté par Goyo Montero : une création, « Pulse », réalisée in situ durant huit jours par cinquante élèves des écoles partenaires et représentée le 3 février lors de l’Intermède de la finale. Ce projet était l’un de ceux initiés par la directrice Shelly Power, qui après deux années, a quitté ses fonctions à la fin de la semaine pour rejoindre la direction du Pennsylvania Ballet, à Philadelphie (USA). La transition sera assurée par Kathryn Bradney, ancienne danseuse du Béjart Ballet Lausanne et membre du jury des présélections. Elle a été nommée directrice artistique associée par le Conseil de la Fondation en faveur de l’Art Chorégraphique, qui organise le Prix.

Autre événement notable, le ‘Life Time Achievement Award’ décerné à Jean-Christophe Maillot. Avec humour, l’heureux directeur des Ballets de Monte-Carlo déclarait : « Heureusement que je n’ai pas encore soixante ans, sinon ça sentirait trop le sapin ! Plus sérieusement, j’ai été particulièrement touché que cette distinction me soit décernée par le Prix de Lausanne, une institution qui compte énormément pour moi. Si je n’avais pas reçu en 1977 le Prix et la bourse qui allait avec, je n’aurais sans doute pas pu continuer mes études dans l’école de Rosella Hightower à Cannes, où j’étais élève. »

Tous les enseignants et membres du jury ont aussi souligné la hausse générale du niveau des étudiants – ils étaient cette année soixante-quatorze venus de seize pays différents. Dans leur ensemble, les élèves sont capables au plan technique de prestations jadis réservées à une minorité. Parmi ceux qui, outre le grand vainqueur, se sont distingués cette année, citons la jeune Brésilienne Caroline Galvao, récompensée par ailleurs par le Prix du Public. La bourse de scholarship reçue à l’issue de la finale lui donnera sans aucun doute les moyens d’épanouir ses indéniables qualités d’expressivité et de finesse dans l’école de son choix.

Crédit photo: Grégory Batardon


Les lauréats 2018

Shale Wagman (n° 407), 17,9 ans, Canada

Hanna Park (n° 112), 15,5 ans, Corée du Sud / Bourse jeune Espoir

Guo Wenjin (n° 134), 16,8 ans, Chine

Lee Junsu (n° 207), 16,1 ans, Corée du Sud

Zhao Xinyue (n° 309), 17,11 ans, Chine

Miguel Angel David Aranda Maidana (n° 412), 18,6 ans, Paraguay

Carolyne Galvao (n° 303), 17,5 ans, Brésil

Aviva Gelfer-Mündl (n° 135), 16,10 ans, Etats-Unis

Prix d’interprétation Contemporaine : Lee Junsu

Prix du Public : Carolyne Galvao

Prix de la Fondation Rudolf Noureev : Shale Wagman

Prix du meilleur candidat suisse : Lukas Bareman (n° 416), 18,1 ans, Belgique.