Jean-Luc Choplin poursuit sa conquête du terrain des comédies musicales depuis le Théâtre Marigny. Il confie au chorégraphe britannique Stephen Mear, bien connu du West End où il a raflé deux Laurence Olivier Awards de la meilleure chorégraphie (Mary Poppins, 2005, et Hello Dolly, 2010), la direction de la production de Guys and Dolls, dont la première aura lieu le 13 mars prochain. Nous l’avons rencontré.


Guys and Dolls est né à Broadway en 1950, et à Hollywood en 1955 – certains se souviennent encore du tube Lucky be a lady, chanté par Marlon Brando. Une histoire de blanches colombes et de vilains messieurs – comme ce fut si mal traduit pour le titre français du film de l’immense Joseph L. Mankiewicz : Sky, parieur invétéré, relève le pari de séduire la pure Sarah, membre de l’association d’entraide Save a Soul. Milieu interlope du jeu et milieu de la pureté spirituelle se rencontrent, comme une métaphore du masculin trompeur et du féminin moral : Guys and Dolls rejoue la carte du bien et du mal dans le New York des années 50. Un Manhattan que le chorégraphe et désormais metteur en scène Stephen Mear entend bien insuffler sur la scène du Marigny dès le 13 mars.

Pour Ballroom, il accepte d’interrompre ses répétitions, commencées à Londres, et de nous faire saliver sur la production à venir…

Quel est votre bagage chorégraphique ?
Stephen Mear : J’ai la chance d’avoir un parcours très varié en danse, je me suis formé dans la plupart des esthétiques durant mes études à Londres. J’ai toujours aimé les claquettes et le jazz, particulièrement celui de Matt Mattox – aussi vous en trouverez toujours un peu dans mes chorégraphies. Les claquettes étaient mon point fort en tant qu’interprète, alors il va sans dire que j’adore mettre une chorégraphie de claquettes dans mes productions, à un moment donné. J’aime construire une chorégraphie, puis la trame de l’histoire, de telle façon que le spectacle emmène le public dans une virée exaltante du début à la fin.

Comment est venu le projet de Guys and Dolls au Théâtre Marigny ?
S.M. : J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec le Théâtre du Châtelet – sur On the Town, Singin’ in the rain, qui a aussi été donné au Grand Palais, et 42nd street. A chaque fois, ce furent de merveilleuses expériences, grâce à Jean-Luc Choplin, qui m’a fait confiance sur ces fabuleuses comédies musicales. Désormais à la tête du Théâtre Marigny, il m’a donné l’opportunité de monter Guys and Dolls, que j’ai donné en version concert au Royal Albert Hall de Londres en 2018. Je suis impatient de diriger et chorégraphier le spectacle entier à Paris.

Créer la mise en scène et la chorégraphie n’est pas si banal. Cela apporte-t-il un plus ?
S.M. : J’ai toujours admiré et été inspiré par Bob Fosse, notamment pour sa façon de filmer ses spectacles : il savait précisément où poser la caméra pour faire ressortir le meilleur de la performance, qui s’adressait directement à l’objectif, entraînant les spectateurs dans le spectacle. Nous sommes quelques uns à mettre en scène et chorégraphier en même temps. C’est un immense challenge d’être responsable de l’ensemble du spectacle, mais j’aime repousser les limites, j’aime penser que je travaille bien dans ces conditions. Mettre en scène et chorégraphier donne les pleins pouvoirs sur la production, c’est votre seule vision qui compte. Moi, j’aime que les changements de scène soient homogènes, pour que l’on ne sache pas quand s’arrête la mise en scène et quand commence la chorégraphie.

Que voulez-vous apporter aux Parisiens, avec Guys and Dolls ?
S.M. : Je veux donner vie aux comédies musicales, et donner au public un spectacle mémorable, à partager avec ceux que l’on aime et en famille, pour une soirée passée au théâtre ensemble. J’adorerais qu’ils repartent en chantant, en dansant… Mais je veux aussi et surtout inspirer les futures générations, leur donner envie de s’engager pour le théâtre et les arts, d’une façon ou d’une autre, pour continuer à transmettre ce qui apporte à tant de gens joie et évasion.


Guys and Dolls
Théâtre Marigny – Paris
Du 13 mars au 27 juillet 2019
Infos/Résa : en ligne / 01 76 49 47 12

Photos : Stephen Mear pendant les répétitions de 42nd Street au Théâtre du Châtelet en octobre 2016 © Thomas Amouroux – Théâtre du Châtelet
Pour en lire plus sur le musical à Paris : Ballroom #15.