La Biennale internationale de danse de Charleroi commence ce vendredi, s’annonçant comme une promesse d’ouverture et de conscience du monde.

La création chorégraphique contemporaine est avide d’inspirations, et son approche conceptuelle de la narration au plateau lui permet tous les emprunts, tous les métissages. C’est aussi le haut lieu de la rencontre d’artistes venus du monde entier – et les ballets et compagnies de danse sont souvent l’expression de l’universalité de cet art : plusieurs nationalités se retrouvent souvent dans les grands ensembles. Une démonstration de coopération, de paix et de tolérance.

Directrice de Charleroi Danse, en Belgique, Annie Bozzini souhaite créer avec cette dimension universelle de la danse des occasions d’échanger les regards, mais aussi, pour le public, de rencontrer le monde, d’élargir les horizons, la pensée. La nouvelle édition de la biennale internationale de Charleroi Danse se fera donc l’écho du monde : « Rendez-vous désormais rituel, la Biennale se doit d’en rendre compte, et c’est ainsi que nous accueillons des artistes de quatre continents.« 

Et en effet, réunissant le fleuron de la danse belge et internationale, la Biennale joue le jeu : Israel Galvan (El amor brujo)(cf. article d’Aurélien Richard dans Ballroom #22), Boris Charmatz (Infini), Arno Schuitemaker (If you could see me now), Alain Platel et Fabrizio Cassol (Requiem pour L.), pour les plus reconnus. Nous, nous jetterons un œil très attentif à la nouvelle création de Michèle Noiret (Le chant des ruines, pour 5 danseurs), au prometteur Inoah, de Bruno Beltrao, où le Brésilien entraîne dix danseurs dans le sillon fiévreux de la migration, et à l’artiste de clôture, Olivier Tarpaga, qui regarde dans When birds refused to fly les Afro-Américains et les Africains clamer leurs droits et libertés dans les années 60, dans un seul mouvement.

Reste à déterminer si la qualité des messages chorégraphiques saura trouver le public : la danse contemporaine reste le terreau des expressions mal comprises, des performances rugueuses et des spectateurs déboussolés. Pour s’en prémunir, l’équipe de Charleroi Danse s’affaire à créer, entretenir et faire évoluer le contact entre les œuvres et les spectateurs. A l’instar de Levée, évènement inaugural où une quarantaine d’enfants carolorégiens reprennent le Levée des conflits de (et avec) Boris Charmatz. Pour que le lien ne soit jamais rompu !

Biennale internationale de la danse
du 04 au 26 octobre 2019
Charleroi et Bruxelles (Belgique)
charleroi-danse.be / +32 71 20 56 40


Photo : Inoah, de Bruno Beltrao © Kerstin Behrendt