De la grande Isadora Duncan, pionnière de la danse contemporaine, l’on connaît les débuts éclatants aux côtés de Loïe Fuller, dans les années 1910, et la fin tragique, étranglée en voiture par son foulard pris dans les roues, en 1927. Ce que l’on sait moins de sa vie de tragédies, c’est qu’elle perdit ses deux enfants dans la Seine en 1913, et en tira un solo, La Mère, transmis de danseuses en danseurs depuis des générations. Le réalisateur (et ancien danseur) Damien Manivel s’empare de cette histoire : une danseuse décrypte la notation de la pièce, une autre la transmet, une autre la regarde. Trois étapes – résurrection, transmission, appréciation – de la vie d’une œuvre, intime et forte, ici, pour mieux évoquer l’émotion, universelle et éternelle. Le geste y est sublimé, dans la sensibilité d’Agathe Bonitzer, les yeux d’Elsa Wolliaston, les mots de Marika Rizzi, le corps de Manon Carpentier.

 


Les enfants d’Isadora
Film de Damien Manivel
France/Corée – 2019 – 84 minutes
En salles le 20 novembre

Photo : Agathe Bonitzer dans Les enfants d’Isadora © Shellac