Brigitte Lefèvre, ancienne directrice du Ballet de l’Opéra de Paris, programme depuis 2015 le fastueux festival de danse de Cannes… et ne cesse de prouver la sûreté de ses choix pour la qualité et la diversité chorégraphiques.


Un festival qui réunit Marion Lévy (Ballroom #22), Chantal Loïal (#21), Olivia Grandville (#23) et Arthur Pérole (voir article) : on ne pouvait que recommander. La manifestation, qui a débuté le 29 novembre par les créations 2019 de Gil Roman pour le Béjart Ballet Lausanne dans l’opulent Palais des Festivals, s’impose édition après édition comme un rendez-vous important de la scène chorégraphique automnale nationale : de grands artistes, des émergents, de grandes formes, des petites, du néoclassique, du hip hop, du contemporain sérieux ici, pop là, de la transgression et du conservatisme : un véritable panorama de la danse… mais de pièces choisies avec soin.

Si vous avez loupé le ballet Stanislavski ou Kubilai Khan Investigations, pas de panique : le plus alléchant est encore à venir, particulièrement Titicut follies, du James Sewell Ballet, qui s’aventure en terres psychiatriques entre classique, contemporain et moderne. La pièce, inspirée du documentaire éponyme de Frederick Wiseman sur les révoltantes conditions d’un hôpital psychiatrique américain, prouve que le ballet classique est capable d’autre chose que des contes genrés étroits du ballet blanc et l’abstraction ravissante : le classique peut évoquer le monde contemporain le moins glamour. Tentant.

Dans la fin du programme, nous recommandons également l’excellence du break du Butterfly de Mickael Le Mer / cie S’poart, la soirée de création du Cannes Jeune Ballet, et le Magma de la classique Marie-Agnès Gillot et du flamenco Andres Marin, sous le regard du contemporain Christian Rizzo – une sorte de sainte alliance, commande appétissante du festival.


Festival de Danse de Cannes
Jusqu’au 15 décembre 2019
Palais des Festivals, Cannes, et 6 lieux partenaires
festivaldedanse-cannes.com / 04 92 98 62 77