« MOTO CROSS » DE MAUD LE PLADEC



Maud Le  Pladec est depuis peu directrice d’un Centre chorégraphique national (à Orléans). Paradoxalement, c’est le format modeste d’un solo qui marque, artistiquement, ce moment clé. Mais quel solo ! Au début, on le croirait tout autobiographique, façon années d’enfance auprès d’un père fana de moto-cross, DJ de disco-mobile, fantasmant sa fille en danseuse à tutu. Maud Le Pladec incarne cela sous une combinaison de motard, dans une gestuelle mécanique et viriliste.

Mais sa danse s’amplifie. Combinaison remisée, de plus en plus profonde, son énergie sourd, émerge, se densifie. La danseuse sort d’elle-même. Au-delà d’exprimer une identité composite et instable – ce lieu commun du moment – Maud Le Pladec agrippe le monde, l’époque, la secoue, autant qu’elle s’en laisse bousculer. Moto-cross est un solo combattant. Il ramasse sur un podium – quasiment un ring – la ferveur populaire d’où vient aussi cette chorégraphe contemporaine savante.

L’éclairagiste Eric Soyer l’accompagne, de lumières extirpées dans la chair. Depuis sa plateforme, le DJ Julien Tiné distille une bande-son sophistiquée, entre variétoche, pop cold-wave, et très fortement la techno, que Maud le Pladec aura chevauchée dans son parcours de vie. Elle la revit ici, p